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Préparations de remèdes

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Préparations de remèdes

Message  elsamarie le Lun 4 Oct - 10:47

Préparations de remèdes



Infusion
: Environ 1 cuillerées de plantes par tasse d'eau bouillante. Laisser infuser 10 minutes. Consommer de 1 à 3 tasses par jour.

Décoction : Placer la plante dans l'eau froide portée à ébullition de 10 à 30 minutes

Macération : Mettre la plante à froid dans un liquide (vin, eau, alcool, huile). Le temps de macération dépend de la plante rarement plus de 10 heures en général.

Cataplasme
: Préparation de la plante assez pâteuse pour être appliquée sur la peau dans un but thérapeutique. La plante peut être broyée hachée à chaud ou à froid ou mélangée à de la farine de lin pour obtenir la bonne consistance. Le classique cataplasme à la farine de lin se prépare avec de l'eau dans laquelle on délaye à froid de la farine de lin. On fait cuire doucement en remuant constamment pour obtenir la consistance voulue. Il doit servir de support aux substances qui seront déposées à la surface au moment de l'application. (Farine de moutarde, poudre de guimauve ...)

Compresse : Application durable d'une gaze ou d'un linge sur la partie du corps à soigner. La gaze a préalablement été imbibée de la préparation qu'on veut employer.

Teinture alcoolique : On la prépare en faisant dissoudre dans de l'alcool des substances médicamenteuses. On peut aussi faire macérer des plantes dans de l'alcool . Les teintures végétales sont dosées à raison d'une partie de substance végétale pour cinq parties d'alcool.

Crème : Mélange onctueux, semi-liquide, produit naturellement par certaines plan tes sous forme de latex, mais plus souvent préparé en diluant des principes actifs dans un substrat de glycérides. On étale les crèmes sur la peau et, par fric tion, elles pénètrent dans l'épiderme.

Emplâtre : Plus adhérente que la crème, cette présentation semi-solide se façonne selon les contours de la partie du corps où elles est appliquée. L'emplâtre contient des graisses, de la résine, parfois de la cire.

Enveloppement : Compresse qui entoure tout un membre ou une partie du corps. On le fait avec une bande de gaze imprégnée de solution médicamenteuse.

Fomentation : Variété de compresse ou de cataplasme maintenue quelques minutes seulement sur la peau.

Fumigation : Utilisation de vapeurs chargées des principes actifs de la plante. On peut ainsi faire bouillir des feuilles d'eucalyptus dans une pièce qu'on veut désinfecter. La fumée de certains végétaux qu'on brûle lentement comme de l'encens peut aussi servir aux fumigations : c'est le cas de la fumée de baies de genévrier.

Gargarisme : Préparation liquide dont on se rince la bouche, la gorge, le pharynx, les amygdales et les muqueuses. Il sert à désinfecter ou à calmer. Le gargarisme ne doit jamais être avalé.

Huile médicinale : Les fruits et les graines de nom breuses plantes donnent, lorsqu'on les presse, de l'huile végétale, à ne pas confondre avec l'huile essentielle, qui n'est pas un corps gras. On peut y faire macérer des racines et des drogues séchées pour réaliser des huiles médicinales. Certaines sont utilisées en friction, d'autres sont absorbées par voie orale.

Inhalation : Variété de fumigation dans laquelle le malade hume directement les vapeurs thérapeutiques en plaçant sa tête au-dessus du récipient où l'extrait de plante aromatique se dissout dans de l'eau presque bouillante. On fait des inhalations pour dégager les sinus et les voies respiratoires supérieures.

Injection : Introduction d'un liquide dans les cavités naturelles (oreilles, nez, vagin, etc.) soit directement, soit au moyen d'une seringue ou d'une canule. Le liquide injecté est généralement une infusion ou une décoction préalablement tiédie.

Lait : Liquide obtenu lorsqu'on pile des graines oléagineuses dans de l'eau. On fait ainsi du lait d'amandes.

Lavement : Introduction d'un liquide dans l'intestin au moyen d'une canule rectale reliée à une poire à lavement. Il a le plus souvent un effet purgatif, parfois émollient ou astringent.

Liniment : Mélange hétérogène, de consistance molle, contenant souvent de l'huile et de l'alcool. Pour soulager les rhumatismes, les douleurs musculaires et les traumatismes, on en frictionne localement la peau.

Lotion : Préparation liquide dont on lave rapidement l'épiderme aux endroits irrités. On l'applique avec de l'ouate. Il existe des lotions spéciales pour le cuir chevelu.

Onguent : Préparation crémeuse qu'on étale par friction. C'est un mélange où les principes actifs sont dissous dans des corps gras.

Parfum : On utilise les essences végétales de certaines plantes aromatiques pour préparer des parfums. Certains ont des propriétés antiseptiques.

Potion : Liquide destiné à être bu où l'on a fait entrer les principes actifs de la plante, par extrait, infusion ou macération.

Poudre : On la fabrique en broyant les plantes desséchées, ou leurs parties actives, à l'aide d'un moulin ou d'un mortier. Les poudres peuvent servir à faire des extraits, être délayées dans de l'eau ou être mélangées à la nourriture.

Shampooing
: Préparation qu'on mélange à de l'eau pour laver les cheveux et le cuir chevelu. Certains shampooings sont antiseptiques et antiséborrhéiques.

Sirop : Préparation destinée à être bue. On l'obtient en faisant cuire une infusion ou une macération à laquelle on a rajouté du sucre et parfois un aromatisant.

Solution
: Mélange liquide où les principes actifs de la plante sont dissous dans un solvant approprié (eau, alcool, huile, éther, etc.).

Suc : Liquide qu'on obtient par simple écoulement de la sève à l'extérieur du tronc, ou lorsqu'on presse les fruits, les feuilles ou la tige.

Vin toniques: On prépare des vins médicinaux en faisant macérer des écorces, des racines ou des feuilles de certaines espèces dans du vin. On fait ainsi du vin de cannelle, de quinquina, de gentiane, et d'autres.

Alcoolat : Liquide incolore qu'on obtient en faisant macérer des plantes fraîches dans de l'alcool.

Alcoolature : Liquide coloré obtenu par macération de plantes fraîches dans l'alcool. L'alcoolature faite à partir de feuilles prend une couleur verte, celle qui provient des racines est brune. Les enzymes qu'elles contiennent étant toujours actifs, les alcoolatures se conservent mal et doivent être utilisées rapidement. On les préfère aux alcoolats lorsque les principes actifs de la plante ne supportent pas la chaleur de la distillation.

Élixir : On l'obtient en faisant macérer des plantes, ou des extraits de plantes, dans une solution contenant principalement de l'alcool et du sucre. Certains élixirs sont préparés à partir d'alcoolats, d'autres contiennent des vins médicinaux.

Extrait : Solution qui recueille une partie des principes actifs de la plante soumise à traitement. D'abord la plante est séchée ou réduite en poudre. On lave la drogue, ou sa poudre, avec un solvant (eau, alcool, éther) qui en retire les principes solubles. Ce procédé, qui s'appelle la lixiviation, est classiquement utilisé pour faire du café : on fait passer de la vapeur d'eau ou de l'eau bouillante au travers des graines moulues. Ensuite, on fait évaporer la solution obtenue jusqu'à la concentration désirée.

Extrait fluide : C'est un extrait où l'évaporation de la solution est arrêtée à un faible degré de concentration.

Extrait mou : L'évaporation de la solution, plus forte ici que dans l'extrait fluide, laisse comme résidu une sorte de pâte molle. Le café se sert parfois ainsi en Amérique du Sud.

Hydrolat : Liquide qu'on obtient en faisant macérer des plantes fraîches ou sèches dans de l'eau, puis en distillant la solution. L'eau de rosé, ainsi préparée par distillation, est un hydrolat.

Hydrolé : Liquide qu'on obtient en faisant dissoudre dans de l'eau une substance médicamenteuse. C'est une solution. L'eau de fleurs d'oranger, préparée par dissolution dans de l'eau d'une essence tirée de ces fleurs, est un hydrolé et non un hydrolat.

Intrait : C'est une variété d'extrait physiologique végétal. Pour le faire, on doit utiliser des plantes fraîches qu'on stabilise à la vapeur d'eau ou d'alcool et qu'on fait ensuite sécher sous vide. Ces plantes stabilisées conservent ainsi toutes leurs qualités. On leur fait ensuite subir le même traitement qu'aux drogues ordinaires : on les lave à l'eau ou à l'alcool et on soumet à évaporation la solution obtenue. L'extrait qui en résulte est appelé intrait ; il possède les qualités de la plante fraîche. C'est une préparation couramment utilisée pour la valériane, le marron d'Inde.

Mellite
: Substance onctueuse qu'on prépare en faisant macérer des plantes dans du miel ou en faisant cuire un mélange de miel et d'hydrolé. Le miel rosat est une mellite : on ajoute à du miel une infusion astringente de pétales de rosés rouges ; il est employé comme gargarisme.

Mixture : Mélange de liquides médicamenteux qui agissent en synergie, chacun renforçant l'action des autres. On mélange ainsi les plantes douées des mêmes propriétés pour en faire des « espèces » : les espèces antispasmodiques, par exemple, peuvent regrouper dans une même mixture de la valériane, de la fleur d'oranger, de l'achillée millefeuille.

Pâte : C'est un mélange de consistance molle, préparé avec du sucre et de la gomme arabique. On y ajoute des principes actifs selon le but thérapeutique recherché.

Pommade : Crème épaisse où les principes actifs sont dissous dans des corps gras pour faciliter la répartition sur l'épidémie.

Teinture alcoolique
: On la prépare en faisant dissoudre dans de l'alcool des substances médicamenteuses. On peut aussi faire macérer des plantes dans de l'alcool . Les teintures végétales sont dosées à raison d'une partie de substance végétale pour cinq parties d'alcool.

Par Alianor d'Aiguebrune
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Re: Préparations de remèdes

Message  elsamarie le Lun 4 Oct - 10:52



QUELQUES RECETTES D'APOTHICAIRE
Je signale que ces recettes sont médiévales et n'ont plus court à ce jour.


Vin blanc à l’ail (infarctus)

Mettez 24 gousses d’ail décortiquées et légèrement écrasées à macérer dans un litre de vin blanc sec pendant 10 jours. Filtrez et pressez fortement les résidus. Un verre à liqueur le matin à jeun.Valable pour : hypertension, circulation du sang, un des meilleurs préventifs de l’infarctus et de l’artérite.[/size]

Vin de racine d’asaret: Asthme

Pour adulte seulement.
32 gr de racine d’asaret dans un litre de vin blanc. Faites macérer pendant 8 jours. Filtrez et pressez.
Une cuillère à soupe toutes les trois heures en cas de crise.

Liqueur tonifiante pour frigidité

3 litres de vin d’Espagne
30 gr de racine de ginseng
30 gr de bois de rhodiola
20 gr de cannelle
10 gr de gingembre
15 gr de cardamome
1 kg de sucre roux
30 cc de rhum blanc
3 clous de girofle
1 gr d’ambre gris
1 goutte de musc (non synthétique)
Laissez macérer une semaine en remuant souvent. Filtrez et maintenez au frais. Dose moyenne 3 verres à liqueur par jour avant les repas.

Vin diurétique contre l’oedème

(élimination des chlorures)
Oignon mûr et cru 300 gr
Miel blanc liquide 100 gr
Vin blanc sec 600 gr
L’oignon doit être réduit en pulpe et passé au tamis. On le mêlera avec le miel et l’on dissolvera dans le vin blanc. On agitera afin que le mélange soit bien homogène. On prendra 2 à 4 cuillerées par jour. Le volume des urines triplera et l’oedème se résorbera rapidement s’il n’y a pas d’affection grave des reins.

Vin de sauge

(pour asthénie et maladie du grand sympathique)
Très utile pour les maladies spasmodiques d’origine neuro-végétative.
Feuilles de sauge sèches 80 gr
Vin de Samos 1000 gr
Faites macérer 8 jours. De 2 à 4 cuillerées à soupe par jour, après le repas. (Régularise en plus le flux menstruel)
]
Vulnéraire ou Arquebuse

(quelquefois nommée eau d’arquebuse).
Les plantes utilisées sont sèches.
Feuilles et sommités de125 gr)
Absinthe, Angélique, Calament, Camomille, Fenouil, Hysope, Lavande, Marjolaine, Menthe, Origan, Sauge, Tanaisie, Thym
Alcool à 22° - (24 litres)
Faites macérer pendant 2 ou 3 jours. Pressez, filtrez et distillez jusqu’à obtention d’environ 20 litres de produit.

Alcoolat de rose (esprit rose).


Pétales de roses pâles
Alcool à 36°
à à 2.500 gr
Faites macérer environ 24 à 36 heures, puis, distillez à 76° maxi de température. On récoltera environ 2.500 gr d’alcoolat.

Vin diurétique de l’hotel Dieu

Digitale 5 gr
Scille 15 gr
Baies de genièvre 25 gr
Acétate de potasse 50 gr
Alcool (marc) 100 gr
Vin blanc 900 gr
Un verre à liqueur avant le repas de midi.


Vin aphrodisiaque

Stimulant général.
Gousses de vanille 30 gr
Cannelle (poudre) 30 gr
Ginseng (poudre) 30 gr
Rhubarbe 30 gr
Vin de Malaga 1 litre
Faites macérer 15 jours les substances dans le vin en agitant chaque jour. Filtrez et ajoutez 15 gouttes de teinture d’ambre.

Cordial des hôpitaux de Paris (Vin de cannelle composé)

Vin rouge 100 gr
Teinture de cannelle 8 gr
Alcoolat de mélisse 6 gr
Sirop simple 30 gr
Un verre à liqueur en cas de faiblesse, fatigue, évanouissement.



Vin de quinquina et de gentiane composé Fébrifuge.

Ecorce de quinquina jaune 24 gr
Racine de gentiane jaune
Ecorce d’orange amère sèche
Fleurs de camomille
â â 16 gr
Vin rouge de Bourgogne 1000 gr
Concassez les écorces, les racines et les fleurs. Faites macérer dans le vin pendant 15 jours. Passez avec expression, filtrez. Un à trois verres à bordeaux par jour.

Vin de colchique

Pour crise de goutte et douleurs rhumatismales.
Bulbes secs de colchique 64 gr
Vin blanc sec (1 litre) 1000 gr
Pulvérisez grossièrement les bulbes.
Introduisez dans un ballon de 2 litres, versez le vin dessus. Faites macérer 15 jours en agitant de temps en temps. Passez et filtrez.
Un à deux verres à liqueur par 24 heures.

Vin martial

Reconstituant, remontant sexuel.
Limaille de fer pure 32 gr
Vin blanc sec 1000 gr
Faites macérer dans un ballon d’un volume de 2 litres, bien fermé pendant 7 jours maximum. Agitez de temps en temps, passez et filtrez.
2 verres à liqueur par jour maximum.

Cidre de frêne (ou frênette)

Cette boisson diététique est en plus très agréable et décongestionnante, elle est en outre excellente pour les personnes fragiles du foie.
Pour préparer 100 litres de frênette, on fait dissoudre 5 kg de sucre non raffiné et 80 gr d’acide tartrique dans de l’eau bouillante. On fait bouillir d’autre part 125 grammes de chicorée torréfiée dans 2 litres d’eau, environ. On tamise et on mélange les liquides avec une infusion de 100 gr de feuilles de frêne sèches (infusion de 15 à 20 minutes). On verse le tout dans un tonneau en complétant le volume à 100 litres (les feuilles de frêne doivent être versées avec l’infusion dans le tonneau). Quand la température est tombée au-dessous de 30°, on ajoute 125 gr de levure délayée dans de l’eau. La fermentation s’établit très rapidement, on attend cinq ou six jours. On filtre et l’on met en bouteille. La frênette a l’aspect d’un cidre mousseux de saveur agréable.

Vin tonique pour l’anorexie (tonique de l’appétit)

Attention ne pas dépasser la dose de 100 gr par jour. Déconseillé aux spasmophiles.
Feuilles d’absinthe 30 gr
Alcool à 60° 60 gr
Vin blanc sec 1000 gr
Faites macérer les feuilles d’absinthe pendant 24 heures dans l’alcool, puis, ajoutez le vin blanc. Laissez au contact pendant 10 jours. Passez et filtrez. Dose maxi : 100 gr

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Message  elsamarie le Lun 4 Oct - 11:01


Secrets d’apothicaires


( source '' Etienne Breton-Leroy '' )
Autorisation de publication réservée au site www.croixblanchepharma.com

Tous droits de reproduction, même partielle, strictement réservés.


« les comptes d’apothicaire »

Par définition, l’apothicaire est celui qui préparait et mettait à disposition des malades diverses potions et mélanges guérisseurs ou préventifs. On dit pharmacien depuis la Révolution (21 germinal de l’an XI : une loi organise la pharmacie et sa pratique en France).

Parmi les expressions populaires, on trouve la formule « des comptes d’apothicaire ». Beaucoup pensent que cela signifie « calculer au prix le plus serré », et associent le sens à l’avarice, la radinerie ou l’âpre marchandage. Cela vaudrait parce que les apothicaires mesuraient avec précision les doses de leurs savantes préparations. Or, à l’origine, les « comptes d’apothicaire » désignent des prix exagérés ! Ce n’est donc pas l’action de rechigner pour faire des économies, mais au contraire d’exagérer les comptes. Tout simplement parce que les apothicaires avaient tendance à ajouter et rajouter moult produits et donc à compliquer leurs préparations guérisseuses. Faire des comptes d’apothicaire, cela signifie compliquer une tâche pourtant simple au départ. La confusion avec le marchandage est donc en partie justifiée, mais pas celle avec l’avarice.

Les apothicaires n’œuvraient pas toujours directement au sein des hospices ou hôpitaux : la corporation des apothicaires existait et des boutiques en ville étaient accessibles à tous. La famille dijonnaise Piron en est l’exemple le plus connu en Bourgogne : Aimé Piron, père du poète Alexis, fournissait ainsi l’hôpital de Dijon et les particuliers. Peu à peu, des apothicaireries se sont installées au sein des hôpitaux.

Bien que les hôpitaux étaient gérés par un collège d’hommes laïcs et/ou cléricaux pour la plupart d’entre eux, les soins portés aux malades l’étaient par les religieuses : Sœurs de la Charité, de Sainte-Marthe ou du Saint-Esprit. Les médecins et chirurgiens étaient des hommes et les religieuses servaient d’infirmières. Leur but était surtout l’accompagnement dans la maladie. De fait, dans les apothicaireries d’hôpitaux, des femmes tenaient boutique.

Exemple flagrant, le cas des deux filles de l’apothicaire Claude Pérard de Dijon, qui sont les premières à installer une apothicairerie au sein de l’Hôpital du Saint-Esprit en 1644 (devenu Hôpital Général en 1649, fusionnant avec le récent Hôpital de la Charité). Elles oeuvreront alors directement à l’hôpital, après une formation dispensée par les apothicaires de la ville et sous leur contrôle. La survie de leur profession et la qualité des soins en dépendaient.

Passons rapidement sur l’histoire des hospices en Bourgogne, déjà évoquée dans nos colonnes : bâtis sur d’anciennes maladreries de l’époque gallo-romaines pour la plupart, à l’extérieur des villes pour éviter la contamination des populations, ou bien bâtis en centre-ville et réservés aux citadins (riches et pauvres étant séparés mais les deux étant reçus, les plus fortunés devant payer), ils n’ont cessé de s’agrandir au cours du temps pour donner aujourd’hui des bâtiments à l’architecture facilement reconnaissable. Les hôpitaux les plus célèbres sont pourtant ceux qui sont uniques de ce point de vue : l’Hôpital de Tonnerre, fondé par la reine Marguerite de Bourgogne, comtesse de Tonnerre, veuve du frère de Saint-Louis et les Hospices de Beaune, fondé par le chancelier de Philippe le Bon, Nicolas Rolin, en 1443 (après que Chalon ait refusé son projet… et avant de s’en inspirer largement en 1529 pour bâtir son propre Hôtel-Dieu sur l’île Saint-Laurent).



« de nouveaux remèdes répandus en France grâce à un bourguignon »


Les apothicaireries, que l’on peut appeler pharmacies sans anachronisme en prenant pour justificatif leurs remaniements souvent intervenus au 19ème siècle, ont suivi l’évolution des hôpitaux. Mais, dans l’ensemble, avant les grands progrès de la médecine après la Révolution, elles avaient en commun l’utilisation de remèdes à base de plantes et d’animaux.

Si l’on excepte quelques préparations très locales, les poudres, drogues et pilules concoctées étaient les mêmes dans les hôpitaux ou Hôtels-Dieu d’Alise-Sainte-Reine, Arnay-le-Duc, Autun, Avallon, Beaune, Chablis, Chagny, Chalon-sur-Saône, Cluny, Le Creusot (Hôtel-Dieu en 1894, la ville étant récente), Dijon, Joigny (disparu), Ligny-le-Châtel, Louhans, Mâcon, Meursault (transformé depuis longtemps), Moutiers-Saint-Jean, Nolay, Nuits-Saint-Georges, Nevers, Sacquenay (disparu), Saint-Pierre-le-Moûtier, Selongey (la chapelle Sainte-Anne faisait office d’hôpital), Sens, Seurre, Tonnerre, Tournus et dans tous les autres de Bourgogne ou de France. A noter que les épiciers, qui vendaient eux aussi des plantes sous forme de poudre, étaient étroitement surveillés par les apothicaires qui les accusaient de concurrence déloyale et qui, surtout, s’inquiétaient de voir des personnes éloignées de la médecine vendre de tels produits guérisseurs.

Saint-Vincent de Paul a lancé un grand mouvement de charité en France, Louis XIV a favorisé la science médicale grâce à la Faculté de médecine, au Jardin Royal des Plantes devenu depuis le Muséum d’Histoire Naturelle de Paris : tout ceci a contribué à uniformiser la médecine et ses remèdes. Les soins guérisseurs étaient partout les mêmes. L’invention et la découverte de nouveaux remèdes profitent à tout le royaume. En grande partie, cela est dû à un bourguignon : Michel Sarrazin, premier scientifique canadien d’origine française, né à Gilly-lès-Cîteaux en Côte-d’Or.

Grâce à lui, quinquina et poudre de castor ont pu rejoindre les rangs occupés par les pots d’étain ou de faïence des apothicaireries contenant mélisse, capillaire, sauge, chiendent, tilleul, rhubarbe, aubépine, thym, trèfle, poudre à thériaque, valériane, gentiane, poix de Bourgogne et combien d’autres encore ! En réalité, dès la découverte de nouveaux continents (Asie grâce à Marco Polo, la voie vers l’Amérique par Christophe Colomb), de nouvelles plantes médicinales ont fait leur apparition en France.

Lors des visites des apothicaireries des Hôtels-Dieu, hospices et hôpitaux anciens de Bourgogne, les mêmes questions reviennent : à quoi servait cette potion ? Et cette poudre ? Il en reste encore ? On s’en sert aujourd’hui ? Et si j’ai mal là, je peux prendre quoi ?

Sans vouloir reprendre les recettes de nos grands-mères, nous plaçons en encart quelques maux et leurs remèdes recueillis çà-et-là dans les Archives des apothicaireries de Bourgogne, établis selon les règles des maîtres apothicaires, pharmaciens avant l’heure qui seuls possédaient la science nécessaire au rétablissement des malades. Evidemment, il n’est pas question de donner une quelconque recette : le savoir-faire et la connaissance requis pour soigner ne s’acquièrent qu’au cours de longues et nécessaires études et par la pratique scientifique. Le secret des dosages reste l’apanage des spécialistes et quiconque s’y aventurerait en tant qu’amateur risquerait de se faire plus de mal que de bien ! Et si notre liste est loin d’être complète, c’est bien parce que les secrets d’apothicaire sont toujours soigneusement gardés. Parlez-en à votre pharmacien, comme il est dit dans la publicité.

( Avec la permission d' Etienne BRETON-LEROY )


Sources


- Mystères d’apothicaires, brochure gratuite de la Fédération Départementale des Offices de Tourisme et Syndicats d’Initiative de l’Ain – Pays d’accueil de la Bresse bourguignonne – Agence Régionale de l’Hospitalisation de Bourgogne. Disponible dans les Offices de Tourisme

- Les Apothicaireries de Bourgogne, M.T. Girardi, éd. La Taillanderie, 1996. ISBN 2.87629.091.X

- Le Bien Public/Les Dépêches des 25/03/2001, 30/09/2001, 14/10/2001, 24/03/2002, 31/03/2002, 07/04/2002, 14/07/2002 : Médecine et médecins en Bourgogne, Hospices et Hôtels-Dieux, Sarrazin.


L’armagnac : pour certains, cette eau-de-vie aurait ses origines remontant à 800 ans avant J.C. L’alcool d’aujourd’hui est cependant basé sur une recette du 15ème siècle (1461), et s’est trouvé une célébrité depuis la naissance du roi Henri IV. Le médecin lui aurait trempé les lèvres avec ce qui, à l’époque, était jugé comme un médicament fortifiant ! Les apothicaires s’en sont réservés l’usage jusqu’aux années 1650 environ. L’alcool est-il un médicament contre le mal-être ? Certes non !

Le quinquina : connue en France grâce aux envois faits par Sarrazin au médecin royal Guy Crescent de Fagon (qu’il mélangeait avec du vin), elle a été largement employée par les apothicaires pour soigner les fièvres. Surtout celles dues au paludisme (humidité des marécages et zones d’eau qui favorisent la présence des moustiques). A Tournus, Louhans et dans la Bresse en général, elle a été très employée entre la fin du 17ème et le début du 18ème siècle : la région comportait plus de 1300 grandes zones d’eau malgré les ordres d’assèchement lancés par le Roi. La Bresse a connu plusieurs vagues de mortalité pour ces raisons et malgré les traitements à la quinquina. C’est à partir de l’écorce de cet arbre d’Amérique du Nord que l’on extrait la quinine.

La poudre de castor
: encore une découverte médicinale venue du Canada et due à Sarrazin. Si l’Europe avait déjà ses propres castors (appelés bièvres en Bourgogne), la plupart ont vite disparu et n’ont pas été utilisés à titre médical. Les Hospices de Beaune conservent un pot en verre rempli de cette poudre censée redonner du tonus et de la vigueur (notamment à une partie intime de l’anatomie), être anti-hystérie, efficace contre les états spasmodiques (épilepsie et spasmophilie). La poudre vient en fait des rognons de l’animal.

Yeux d’écrevisse : la poudre d’écrevisse, associée à la moutarde, permettait de faire une pâte pour guérir les plaies. Mais les yeux d’écrevisse n’est pas un nom attribué à une forme de pilule : c’est bel et bien de la poudre de cet animal. Elle servait contre les dysuries, c’est à dire contre les difficultés à uriner. La Bourgogne était une région autrefois réputée pour ses écrevisses, grâce à ses nombreuses rivières.

Extrait de fenouil : pour redonner des forces à un malade, on lui mettait du jus de fenouil dans les narines. En revanche, pour endormir les patients, on utilisait de la ciguë (poison réputé depuis l’Antiquité), de l’opium mais aussi du jus de lierre, de laitue ou de mûre. Les pots des apothicaireries étaient souvent remplis d’extraits de camomille, tilleul ou d’autres plantes assez répandues dans les jardins à la fois potagers et à vocation médicale des monastères, des châteaux ou des hôpitaux. La Bourgogne possède encore beaucoup de jardins botaniques dont le plus connu est celui de l’Arquebuse, à Dijon. N’oublions pas Bézouotte et sa foire aux plantes rares (9ème édition les 10 et 11 mai 2003) avec, entre autres, des plantes médicinales d’origine médiévale. Ajoutons les célèbres jardins de Barbirey-sur-Ouche, si soigneusement entretenus.

Poivre, safran et épices
servaient à redonner des forces, à fluidifier le sang. Avant les saignées, il pouvait être recommandé de manger du poivre. Région de passage et de commerce, on trouvait ces produits en Bourgogne surtout au port de Chalon-sur-Saône.

L’absinthe
: cette plante très amère, dont la liqueur a fait des ravages au 19ème et au 20ème siècle, était utilisée sous forme de jus pour guérir les vomissements et les bouches pâteuses. Etonnant de constater que l’on pouvait se défaire des nausées alcooliques provoquées par l’absinthe en continuant d’en ingérer…

La thériaque : voilà le produit le plus répandu qui, sous un nom générique, peut cacher plusieurs remèdes différents. Composée à partir de trois ou quatre ingrédients, une cinquantaine ou même jusqu’à plus de 80 (miel, opium, cassis, chair de serpent séchée, racine de valériane, écorce de cannelle, feuilles de laurier, de l’anis, du persil, etc.), la thériaque était à l’origine le nom donné à une potion pouvant guérir de tous les poisons et, surtout, des venins. La thériaque fut beaucoup utilisée pour lutter contre la peste. La pâte ainsi composée séchait assez vite : on lui ajoutait alors du vin après l’avoir pilée. Le vin de Bourgogne était épais : on le diluait avec de l’eau avant de réveiller la thériaque.

Capillaire : cette fougère, envoyée du Québec par des sœurs hospitalières, servait à lutter contre la toux. Le tabac servait également à de médicament… pour faciliter la respiration.

Poix de Bourgogne : beaucoup pensent qu’il s’agit là d’une fève, du petit pois ou du pois chiche. En fait, c’est de la résine d’épinette (pin qui a donné le mot poix qui signifie coller) que l’on appliquait en pâte sur les bronches pour lutter contre les états grippaux et la toux. Les pins de Bourgogne étaient réputés pour leur force : leur résine était plus épaisse et ses vertus plus concentrées qu’ailleurs.

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