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Saint Origène : De la créature sans nom et de son influence sur les hommes

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Saint Origène : De la créature sans nom et de son influence sur les hommes

Message  elsamarie le Dim 18 Juil - 18:00



"De la créature sans nom et de son influence sur les hommes" par Saint Origène



De l'Origine de la Créature sans nom


De toutes les créatures que Dieu créa, la créature sans nom est celle qui nous cause le plus d'interrogations.

Rappelons nous d'abord que les créatures que Dieu a créé sont imparfaites, car seul Dieu est parfait.
Dès lors, après la Création, chaque espèce de créatures a évolué sous l'œil bienveillant de Dieu.
A cette époque, chaque créature se croyait la plus aimée de Dieu, car chacune de ces créatures avaient reçues un don unique de Dieu.
Seuls les humains pensaient ne pas être aimés, car ils croyaient ne pas avoir de dons particuliers.
Devant la détresse des humains, Dieu décida de réunir sa création pour poser à Ses créatures la question du sens de la vie.
L'ensemble des créatures de Dieu ne sachant que répondre, restèrent sans voix.
Seule, une créature s'approcha et prit la parole :

Elle semblait sûre d’elle et de sa réponse. Toutes les autres espèces lui ouvrirent le passage et, bientôt, un espace se dégagea autour d’elle. Elle leva les yeux vers Dieu, mais son regard était plein de suffisance. Elle répondit: “Tu as fait les créatures animées par le besoin de se nourrir. Tu as fait les forts capables de dévorer les faibles. Sans conteste, il s’agit donc d’assurer la domination du fort sur le faible !”.

Elle ajouta: “J’en veux pour preuve que je suis le dernier représentant de mon espèce. Seul le plus fort a survécu parmi les miens ! Si Tu me nommes “Ton enfant”, je saurai Te montrer qui, de toutes créatures, doit dominer le monde.”

Elle attendit que Dieu la félicite pour sa réponse, mais en vain. Car Il ne lui répondit pas.


C'est ici qu'apparait pour la première fois la créature sans nom.
Cette espèce était, à l'origine, multiple, mais lors de la réunion, il n'en restait plus qu'une.
Cette espèce avait dû évoluer dans un esprit de domination des créatures les plus fortes sur les créatures les plus faibles. Dès lors, pour ces créatures, seul le plus fort étant le meilleur, l'élimination des rivaux est devenu la règle, aboutissant à ce que lors de la réunion, plus qu'une seule créature de cette espèce était encore vivante.
Ainsi, c'est à la suite de sa propre expérience, que la créature sans nom se permit d'exposer ce qu'elle pensait être le sens de la vie que Dieu avait donné à Sa Création.
Cette créature attendait les félicitations de Dieu, car elle était sûre de détenir la vérité. Elle l'était d'autant plus, qu'étant la dernière de son espèce, elle se considérait comme la meilleure des siens et donc la meilleure de toutes les créatures de la Création.
Ainsi, à cet instant, la Créature sans nom se croyait la créature la plus aimée de Dieu et pensait avoir réalisée les desseins du Créateur.
Or, elle se trompait.


De la mission de la créature sans nom


Dieu tourna Sa voix en direction de la créature qui avait affirmé la domination du fort sur le faible. Il lui dit : “Puisque tu es si sûre de ton choix, je te laisse l’occasion de le prouver. Tu conserveras ton esprit, mais ton corps sera fait d’ombre. Ainsi, tu vivras, seule, côtoyant les humains, jusqu’à ce que Je te délivre de ta peine. Ainsi, personne ne te verra et personne ne te nommera, car J’ai Moi-même décidé de ne pas le faire.”


La créature sans nom avait proné la domination du fort sur le faible comme sens de la vie, or en cet instant, elle n'était pas pour autant plus mauvaise que les autres créatures, elle s'était juste fourvoyée dans un mauvais chemin.
Dieu aurait pu alors la détruire, mais Il ne le fit pas, car Il aimait chacune de Ses crétaures, la créature sans nom incluse.
Cependant, les propos de la crature sans nom aboutissaient à une négation de l'Amour qu'Il Pronait.
Cette situation était l'aboutissement du libre arbitre qu'Il avait donné à l'ensemble de Ses créatures.
Dès lors, il transforma la créature sans nom en ombre, que plus personne ne pourrait voir, mais il la laissa vivre auprès des humains, mais pas sans prise sur le monde, car bien qu'invisible, il lui laissait la possibilité de prouver sa théorie. Ainsi, la créature sans nom pourrait elle instiller dans le coeur et l'âme des créatures de la terre sa vision du sens de la vie, à savoir la domination du fort sur le faible.

C'est pourquoi :

Dieu n’intervint plus dans le monde, laissant Ses enfants vivre et prospérer. Il avait donné à la créature qu’Il n’avait pas nommée la liberté de les tenter pour qu’ils doivent avoir à choisir entre le chemin de la vertu et celui du péché.



La non intervention de Dieu dans sa Création est pour Lui le moyen d'éprouver ses enfants, les humains, et voir, par le libre arbitre qu'il leur avait accordé, quelle voie ils choisiraient.
Dès cet instant, la créature sans nom devint un instrument du jugement de Dieu, car ce n'est que par la tentation et son rejet que Dieu peut voir la valeur d'un homme.

Le temps faisant son travail, les hommes et les femmes devinrent de plus en plus nombreux, maintenant leur amour pour Dieu et rejetant dans l’ombre La Créature Sans Nom. Celle-ci nourrissait chaque jour un peu plus son amertume et sa colère envers ce peuple tant aimé de Dieu qui lui avait pris sa place de reine de la Création. Les hommes et les femmes vivaient insouciants alors que dans l’ombre, leur ennemi préparait sa vengeance.



Suite à la réunion, les hommes étaient devenus les seuls enfants de Dieu et donc l'espèce préférée de Dieu et pendant que cette espèce auréolé de la confiance de Dieu en elle se développait, la créature sans nom, bafouée, considérant son sort comme une grâve injustice, rumina dans l'ombre sa vengeance contre les humains qui lui avaient prit sa place, mais sans réussir à tenter les hommes pour prouver sa vision de la Création.

Dieu était satisfait. Ses enfants se sublimaient dans la place qu’Il leur avait donnée. Mais Il savait que ce beau printemps allait voir les fleurs de la vertu se faner. Car la Créature Sans Nom ruminait encore et toujours sa rage et sa colère. Tapie dans l’ombre, elle attendait le moment propice pour prouver au Très Haut que la réponse qu’avait donnée Oane n’était pas la bonne. Elle persistait dans l’erreur, niant la force de l’amour et s’entêtant à concevoir la domination du faible par le fort comme le sens de la vie.



Les échecs répétés de la créature sans nom dans ses tentatives de prouver qu'elle avait raison ne firent que noircir plus encore son âme déjà tortueuse et elle s'enfonça alors progressivement dans les abîmes les plus profonds du mal.

C'est alors que devant la noirceur de la créature sans nom, les humains commencèrent à entendre sa voix...


De la quasi victoire de la créature sans nom

Alors, l’homme et la femme se firent orgueilleux. Le fort se mit à mépriser le faible, qui ne pouvait pas se nourrir autant qu’il le souhaitait. Comme la Créature Sans Nom, ils pensaient maintenant que le rôle des forts était de dominer les faibles. Celle-ci vit donc que l’heure de sa revanche était venue. Elle se mut dans l’ombre et s’approcha alors de ceux qui étaient ainsi méprisés, car ils n’avaient plus assez pour se nourrir. Elle leur demanda: “Pourquoi vous laissez-vous faire ainsi, pourquoi ne pas renverser les rôles?”

Et le faible se mit à envier le fort. Le fort, satisfait de sa situation, ne voyait pas le faible se demander pourquoi il était moins bien loti que lui. La Créature Sans Nom exultait de joie, car elle sentait l’heure de sa gloire arriver. Elle murmura à l’oreille du faible et attisa son envie. La colère gronda dans le coeur du faible, qui se révoltait intérieurement contre cette injustice. Elle lui demanda pourquoi il liait ce sentiment dans son esprit et ne le laissait-il pas s’exprimer?

Alors, l’homme et la femme frappèrent leurs frères et leurs soeurs. Prenant couteau et hache en main, chacun frappa l’autre en une tempête de violence et de destruction. Ils venait d’inventer la guerre, qui atteignit son paroxysme lorsque chacun se mit à brûler la maison et à dévaster les champs de l’autre. La Créature Sans Nom vint à nouveau près de ceux qui l’écoutaient et leur dit que la violence et la haine leur permettraient dorénavant de dominer leur prochain.

L’homme prit alors la femme et la femme prit l’homme. Le fort abusa du faible et le faible subit le fort. Tous s’unirent en une orgie bestiale de stupre et de violence. Leurs corps mêlés reflétaient les flammes des maisons qui brûlaient. La nourriture était dévorée, la boisson engloutie. Les paroles suaves encourageaient les gestes indécents. Une véritable orgie de débauche avait lieu. Et de l’amour de Dieu il ne fut plus question
.



La créature sans nom avait gagné la partie, elle était en train de prouver que Dieu avait tort avec son Amour, et que c'était elle qui avait eu raison. La loi du plus fort était bel et bien le sens de la vie.

Devant cette situation Dieu était prêt à détruire complètement sa création déficiente, mais alors il vit que des hommes et des femmes continuaient de faire oeuvre d'Amour et ceci, malgrè les horreurs qui déferlaient sur eux.
Alors Dieu eut pitié de ceux qui dans l'adversité n'avaient pas sombrer dans la facilité de la tentation.
Il décida donc de détruire Oanylone, mais de permettre à ceux qui le méritaient d'être sauvés.

La créature sans nom, au summum de sa puissance croyant la victoire définitive à portée de main, se voyait déjà revenir aux côtés de Dieu et reprendre sa place de créature préférée de Dieu.

Mais la destruction d'Oanylone la renvoya dans l'ombre et elle sembla avoir disparu pendant longtemps.

Dieu a donné une seconde chance à l'humanité, celle de prouver que c'est l'Amour le sens de la vie.
Mais il a toujours laissé la créature sans nom vivante, son pouvoir intact.


De la créature sans nom aujourd'hui et de son influence sur les hommes


De tout cela il résulte que la créature sans nom est devenue aujourd'hui entièrement mauvaise, même si elle n'est pas le mal absolu, car cela signifierai qu'elle serait l'égale de Dieu, or elle ne reste qu'une de Ses créatures et aspire elle même à devenir sa créature préférée et pour cela elle est prête à tout pour prouver qu'elle a eu raison lors de la Réunion.

Depuis la chute d'Oanylone, la créature sans nom essaye à nouveau d'y parvenir, c'est pourquoi elle continue sa mission tentatrice.

Les hommes subissant les tentations de la créature sans nom possèdent le libre arbitre d'y céder ou non. Mais les hommes peuvent céder plus ou moins fortement à cette tentation.

Ainsi, la créature sans nom pourra entrainer plus ou moins fortement un homme dans le mal, mais il restera toujours une part de Dieu en chacun de nous.

C'est pourquoi certains se laisseront tenter par la créature sans nom, mais pour de petits péchés, un vol occasionnel, un accès de colère passager, un excès soudain de narcissisme, un comportement parfois égoiste.

Mais d'autres se laisseront entrainer plus profondément par la créature sans nom, ils seront en permanence violents, deviendront des assassins, mais dans le même temps garderont des aspects bons.

Car Dieu est présent en chacun de nous, il nous inspire le bien, mais la créature sans nom tente de nous en détourner, chacun, avec son libre arbitre, sera plus ou moins entrainer par elle vers le côté obscur !

Christos, lui même, durant les 40 jours que durèrent sa traversée du désert, dû faire face à la créature sans nom et résister à sa voix tentatrice.

Mais Christos repoussa la voix de la facilité que lui proposait la créature sans nom et il rejetta la paresse, la gourmandise, la luxure, l'orgeuil, l'envie et l'avarice

La créature sans nom tenta alors une dernière fois d'écarter Christos de la vertu et lui exposa ce qui est pour elle le sens de la vie.

La créature sans nom dit : " Dieu nous a faits ses enfants car nous sommes les plus fortes de ses créatures. Parmi nous, je suis sa préférée, car je suis le plus fort de nous tous. J’ai compris que le fort devait dominer le faible, comme vous les hommes, dominez les vaches, les cochons et les moutons. Dieu nous a donné Sa création pour nous apporter les mille plaisirs du corps et de l’esprit que nous méritons. Y a-t-il un meilleur moyen de Lui rendre hommage autrement qu’en sachant apprécier les plaisirs de Sa création? "

Mais Christos lui rétorqua : "Va-t’en, tentatrice! Ta présence parmi la création est une injure faite à Dieu. Sache que tu n’es pas Sa préférée. Il t’a reléguée dans l’ombre, car tu t’es détournée de Sa lumière. Il ne t’a laissé la parole qu’afin d’éprouver la foi des humains. "

et il ajouta: “Dieu nous a fait ses enfants car nous sommes les seuls à savoir aimer sans rien attendre en retour. Il ne t’a pas donné ce titre, vile créature, car tu n’as pas de cœur, car ton âme est noire comme le jais. Certes, le monde, créé par Dieu, est source de mille plaisirs. Certes, c’est lui rendre hommage que de savoir les apprécier à leur juste valeur. Mais ces plaisirs doivent être dégustés et non dévorés. Seule la vertu, telle que nous l’a enseignée le prophète Aristote nous permet d’apprécier les plaisirs du monde sans tomber dans le vice et le péché.”

Il conclut enfin: “Car le péché est la négation de la perfection divine. L’abandon total aux mille plaisirs s’accompagne du détournement de l’amour de Dieu, alors que le goût simple et mesuré de la création divine ne peut se faire que dans l’amour de son créateur. Alors va t'en!"

Aussitôt, la créature sans nom, qui rampait à ses côtés, disparut, le laissant aux portes du désert. Il avait traversé ce pays de tentations durant quarante jours.


Comme nous pouvons le voir, les propos fallacieux de la créature sans nom n'eurent aucun effet sur Christos qui sut lui résister.

Car la créature sans nom n'est pas invincible, au contraire.
Le jour où tous les hommes sauront la repousser, tout comme Christos l'a fait, alors elle disparaitra.

L'Humanité, par le libre arbitre que Dieu lui a donné, a son avenir entre ses mains. Il revient à chaque homme de savoir résister à la créature sans nom pour éviter que celle-ci ne l'entraine vers sa destruction finale.

Traité rédigé par Saint Origène le 10 Août 248 à Tyr.
Traduit du Grec par Vincent Diftain en l'Abbaye Saint Origène de Flavigny sur Ozerain en l'année 1456.


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